Vie et mort d’Ernest Bouveau

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Ernest Bouveau se sentait étourdi. Il avait encore dans la bouche la mémoire d’une sécheresse asphyxiée recherchant désespérément la régénérescence salvatrice de l’oxygène tranquillement approprié. Il avait l’impression d’être enveloppé dans une ouate où agréable et inconfortable se bataillaient la suprématie sensationnelle pour diriger son être. Assommé par la violence d’un événement physique qui lui échappait encore, il s’évertuait à fouiller soigneusement son esprit à la recherche d’une réponse intelligible à une question floue. Son dernier souvenir imagé replaçait son corps secoué de convulsions piquantes sur le tapis poussiéreux de son salon lillois. Il se rappelait avoir fermé les yeux dans un reflexe protectionniste enfantin avant de, le croyait-il, s’évanouir happé par la douleur. A son réveil, il s’était retrouvé là, interloqué et embrumé. Son appartement suranné sentant le tabac froid, l’humidité et la poussière conglomérée s’était transformé en une pièce nue recouverte dans son intégralité de marbre noir et dépourvue de fenêtre. Un cube tiède où le silence régnait avec une lourdeur inquiétante. Installait dans le seul fauteuil de la pièce, Ernest Bouveau baladait son regard vide et abasourdi dans ce nouvel environnement. Une porte lui faisait face. Une porte magistrale dans un bois sombre épais où se dessinaient des corps dans des postures torturées, des monstres aux visages indescriptibles, des fioritures onduleuses et arachnéennes. Une seule porte. Mu par un courage qui lui avait fait défaut toute sa vie, Ernest Bouveau entreprit de l’ouvrir. Ce ne fut pas la peur qui le stoppa dans sa démarche assurée mais l’étrange sensation de ne ressentir plus aucune douleur. Arthrose, rhumatismes, ongles incarnés, cataracte avaient disparu et laissaient le vieil homme dans un bien-être physique miraculeux. Loin d’être inquiété par ce phénomène, Ernest Bouveau avança d’un pas décidé vers la seule sortie visible. Il la poussa d’un geste vif et se retrouva dans une pièce quasi-identique à la première. Les seules différences tenaient dans une cheminée grandiloquente où un feu se déployait au rythme de crépitements horlogers et dans un bureau aux lignes massives et lourdes. Pétrifié à l’entrée de cette pièce mortifère, Ernest Bouveau n’eut pas le temps de pousser plus loin son observation, coupée par une voix autoritaire mais rassurante.

-« Entrez Monsieur Bouveau ».

Une masse apparut dans un coin de la pièce. Filiforme et vêtue d’une longue jupe noire, elle se matérialisa au fur et à mesure qu’elle approchait d’Ernest Bouveau en une femme d’un âge moyen aux cheveux retenus par un chignon sévère et au port de tête intransigeant. Tout était dur et sec sur ce visage. La bouche pincée, les yeux microscopiques, le nez aquilin, les pommettes saillantes, les rides asséchées.

-« Mère ! »

Ahuri, Ernest Bouveau perdit l’équilibre et s’affala lourdement dans un fauteuil étrangement préparé à sa chute. La bouche ouverte et les mains crispées sur les accoudoirs de sa nouvelle assise, il déglutit avec difficulté repoussant de toutes ses forces la peur qui l’animait face à cette vision maternelle.

-« Calmez vous Monsieur Bouveau. Je ne suis pas votre mère. Du moins pas telle que vous l’avez connue. Je ne suis qu’une matérialisation d’un être qui a compté pour vous »

-« Mais, je…je…je ne c..cc..comprends pas. Vvvous êtes morte depuis plus de quarante ans ! Ce n’est pas possi… »

-« Reprenez vos esprits Monsieur Bouveau. Je viens de vous dire que je ne suis pas votre mère. Essayez de comprendre au lieu de bégayer. Je suis une construction projectile issue de votre mémoire mais je ne suis pas votre mère. J’ai son physique mais rien à l’intérieur ne vient d’elle».

-« Quoi ! Mais vous êtes qui alors ? »

Contournant le bureau pour prendre place dans un fauteuil ostentatoire, la femme laissa le silence retomber avant de plonger son regard scrutateur dans les yeux d’Ernest Bouveau et de lui répondre d’une voix douceâtre flirtant avec des aiguës irritants.

-« Je suis le Diable »

-« Hein ? »

-« Lucifer, Satan, Méphistophélès…C’est comme vous-voulez. De toute façon, je suis le seul à répondre à ces noms »

-« Le Diable ! Mais ça veut dire que je suis mort alors ? »

-« Oui Monsieur Bouveau. Vous avez fait une crise cardiaque il y a quelques jours. Le temps des négociations habituelles avec Saint-Pierre et vous voilà ici. Je suis ravi Monsieur Bouveau. Bienvenu ! ».

-« Mère, aidez-moi ! »

-« Mais vous êtes idiot ! Je suis le diable, pas votre mère ! La seule raison pour laquelle je me suis matérialisé en votre mère c’est parce que c’est grâce à elle que vous êtes ici »

-« … »

Reprenant son calme, le Diable lâcha un sourire qui tentait de feinter la politesse. Ernest Bouveau en frémit, tant cette douceur maîtrisée ne correspondait pas avec le souvenir de sa mère, râpeux, aigre et insensible.

-« Vous souvenez-vous de l’hiver de vos trois ans ? »

-« … »

-« Non ? Cet hiver là, vous avez déchiré votre pantalon lors d’une promenade avec votre mère. Elle était tellement en colère qu’elle vous a secoué puis bousculé jusqu’à ce que vous tombiez dans le lac glacé. Cela ne vous dit rien ? »

-« Si si mais c’était un accident »

-« Peut-être. Mais les cinq minutes où elle vous a regardé vous débattre, devenir bleu puis couler, ne l’étaient pas, elles. Ni d’ailleurs les fois où le bain était top chaud. Ou les fois où les médicaments disparaissaient. Ou alors lorsque vous vous perdiez en forêt. Et même la fois où vous vous êtes fait attaquer par votre chien Flux »

 

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Enervé par ces souvenirs qui lui revenaient en mémoire comme des attaques microbiennes destructrices, Ernest Bouveau se leva pour exulter une colère qu’au fond de lui, il savait inutile.

-« Vous êtes en train de dire que ma mère a essayé de me tuer à plusieurs reprises !! »

Légèrement agacé, le Diable s’enfonça doucement dans son fauteuil puis observa l’homme suffisamment longtemps pour qu’il se sente gêné par le ridicule de sa position faussement outragée. Il lui laissa le temps de se rassoir avant de poursuivre dans la maîtrise d’une voix aimable et de gestes délicats.

-« Ne faites pas l’innocent Monsieur Bouveau. Vous le saviez. Votre mère ne vous a jamais aimé. Elle ne vous désirait pas. Elle vous trouvait laid et idiot. Elle a essayé de vous éliminer à plusieurs reprises. Malheureusement, elle n’y ait jamais parvenu. »

-« Malheureusement !!?!! » Ernest Bouveau se redressa comme un automate. Mais cette fois-ci, son interlocuteur ne lui laissa pas le temps de s’éterniser dans cette posture offensée et offensante.

-« Oui malheureusement ! Vous savez combien il y a de mères infanticides ici ? Très peu. C’est un geste héroïque qui demande énormément de courage. Rejeter la vie alors qu’elle vient de son propre ventre parce que l’on sait qu’elle sera nulle et hideuse est rarissime. Je respecte ces femmes. Et vous devriez me croire lorsque je vous dis que votre mère est une personne vénérable sans qui vous n’auriez jamais eu cette vie. Ce non amour vous a permis de faire de grandes choses ».

-« Quelles grandes choses? Quelle vie ? J’étais postier à Lille. Je me suis marié et j’ai eu quatre enfants. Y’a rien d’extraordinaire à ça. C’est la vie de tout le monde »

-« Enfin Monsieur Bouveau… » Laissant la phrase en suspension, le Diable se mit à contempler son invité avec patience, plongeant ses yeux bien plus loin que ne pouvait l’imaginer l’homme assis en face de lui. Il affichait toujours ce sourire malicieux et quasi-invisible qui mettait si mal à l’aise son hôte du moment. Sans décrocher son emprise visuelle, il se saisit dans un mouvement rapide des quelques feuilles de papier qui ornaient, solitaires, le bureau aux contours sépulcraux.

-« J’ai votre dossier avec moi. Je lis qu’à vos 7 ans, vous avez commencé à tuer des animaux pour les disséquer. Rien d’anormal jusque là. De nombreuses personnes sont passées par là sans pour autant avoir votre carrière. Ce n’est pas vraiment un élément important. En revanche, ouvrir un chiot alors qu’il est encore en vie, c’est un acte qui peut être fondamental ».

Levant le nez de la feuille avec une expression professoral, le Diable expliqua posément, « C’est à ce moment là que nos services ce sont un peu intéressés à vous et ont décidé de vous suivre. Ils n’ont visiblement pas été déçus. »

Se replongeant dans sa lecture, il poursuivit avec un calme olympien. Ernest Bouveau semblait pétrifié. Il avait oublié depuis des dizaines d’années l’histoire du chiot. Mais en entendant cette anecdote, il ne put s’empêcher de ressentir la même violence et crainte jouissive qui l’avaient animé lorsque son couteau avait déchiré le ventre chaud du petit animal.

-« Ensuite, à 14 ans vous avez violé votre petite cousine de 10 ans. C’est vrai qu’elle était très jolie et légèrement aguicheuse avec cette robe qu’elle faisait sans arrêt tourner pour que l’on voit ses jambes et sa culotte. Dommage qu’elle soit rentrée dans les ordres. Un gâchis mais bon, on ne peut pas être partout. A 18 ans, la Milice »

Le diable aux traits féminins s’écroula brusquement dans son fauteuil, comme happé par une vague de nostalgie enveloppante. Un sourire franc se dessina sur sa bouche fine et tortueuse. Une flamme nouvelle brillait dans ses yeux minuscules et clairement mauvais.

-« La Seconde guerre mondiale a été une période magnifique Monsieur Bouveau. La haine était réellement incarnée. La violence pouvait être gratuite. La mort avait un goût de victoire. La méchanceté et la bêtise s’insinuaient partout et semblaient légitimer toutes les mauvaises actions. En tout, c’est presque 65 millions de personnes mortes en quelques années. Vous vous rendez compte Monsieur Bouveau ! 65 MILLIONS de personnes ! Et cela de toutes les façons. L’imagination pour éliminer, torturer, blesser les gens n’a jamais trouvé d’équivalent par la suite. Explosion, fusillade, gorge tranchée, corps enflammé, empoisonnement, poitrine asphyxiée, viol interminable, humiliation, cannibalisme, une décennie de bonheur intense…Hitler et tous les autres ont fait un travail merveilleux »

Puis reprenant ses esprits,

-«  Mais nous ne sommes pas là pour parler d’eux. Où en étais-je ? Oui ! 18 ans, la Milice. La jeunesse au service de la vérité. Magnifique ! Et vous n’avez rien laissé vous échapper : rixes ensanglantées, dénonciation calomnieuse, colportage de fausses informations, sabotages de trains qui ont entrainé une famine importante, un peu de torture électrifiée, encore un viol et plusieurs assassinats ».

Le visage de la vieille femme diabolique s’illumina d’un plaisir quasi enfantin.

-« C’est là que vous êtes devenu une personne importante à nos yeux Monsieur Bouveau. Vraiment importante ! »

Surpris, le vieil homme balbutia un « ah bon » suivi d’un « merci » timide et presque inaudible.

-« Vous ne devriez pas être gêné. Vous avez fait du bon travail. Et je lis qu’en plus vous n’avez jamais éprouvé de remords. Fantastique Monsieur Bouveau ! Vous êtes fantastique ! Et c’est d’ailleurs bien pour cela que je vous reçois en personne »

Affichant pour la première fois une mine fière, Ernest Bouveau se lança dans une explication faussement emprunt de modestie justifiant ses actes par la nécessité du moment. Il fallait combattre la Résistance et les ennemis en tout genre. Il s’agissait là de son devoir de Français pure souche. Et les remords ne pouvaient être la réponse que des faibles et des lâches. Ecoutant soigneusement la diatribe venant de l’autre côté du bureau, le Diable contemplait l’homme. Un vieillard aux chairs distendues dont le regard bleu flirtait avec une débilité légère. Il avait un physique ingrat renforcé par une calvitie cachée d’une mèche rabattue et grasse. Ses épaules étaient tombantes et illustraient la merveilleuse lâcheté qui animait le vieil homme. Son ventre rebondi ne servait que de reposoir à des mains épaisses et compactes, esclaves actives de la faiblesse intellectuelle de leur propriétaire et visible traduction tourmentée de l’inquiétude qui envahissait Ernest Bouveau au fur et à mesure de la conversation. Le Diable ne reprit la parole que lorsque le vieillard sembla arriver en bout de course.

-« Je vous comprends. Le devoir est une notion très importante dans mon ministère. Mais nous ne pouvons pas nous étendre sur cette période fabuleuse plus longuement Monsieur Bouveau. Je continue donc ma lecture. 22 ans, un mariage…oui, bon, ça n’est pas très important surtout que cela s’est passé à l’Eglise »

-« C’est ma femme et mon père qui y tenait. Vous savez, je n’ai jamais remis les pieds dans une église après ça et je ne cr… »

-« Ça n’a aucune importance Monsieur Bouveau. Ce qui compte, c’est ce que vous avez fait de ce mariage. Je lis que deux jours après la cérémonie, vous avez commencé à battre votre femme. Merveilleux Monsieur Bouveau ! Vous lui avez cassé le nez à plusieurs reprises ainsi que la mâchoire. On a arrêté de compter les hématomes et les bras cassés au bout d’un certain moment. J’espère que vous ne nous en voulez pas trop ?  »

-« Euh…non »

-« Vous l’avez violé, bien évidemment. C’est votre truc ça, Monsieur Bouveau. Prendre des femmes de force. Je comprends d’un côté, c’est très excitant surtout lorsque leurs chairs se déchirent »

-« Mais c’était ma femme ! Elle avait des devoirs envers moi !»

-« Oui Monsieur Bouveau, vous avez tout à fait raison. Poursuivons Monsieur Bouveau, poursuivons. Des violences sur vos enfants aussi. C’est très bien. Je ne doute pas de les rencontrer un jour. Des vols de colis alors que vous étiez postier. Une femme est morte à cause de ça. Des médicaments venus des Etats-Unis se trouvaient dans cet envoi. Vous êtes tout pâle Monsieur Bouveau, ça va ? »

Encore une fois, Ernest Bouveau était rattrapé par un souvenir qu’il avait enfoui tant son caractère anecdotique avait glissé sur son existence. Il se souvenait d’avoir râler en ouvrant ce colis plein de médicaments. Il s’attendait à autre chose, à une sorte de trésor venu des Etats-Unis, l’Eldorado outre-Atlantique. Déçu d’avoir trouvé ces boites pleines de cachets, il les avait jetées et avait attendu la première occasion pour gifler sa femme et faire sauter dans le sang les quelques dents qui lui restaient.

-« Vous n’étiez pas au courant ? Ce n’est pas grave Monsieur Bouveau. Cette femme était une bigote Résistante. Sans vous en rendre compte vous avez aidé l’humanité. Je continue, colportage entrainant le suicide d’une personne. Bien, très bien ! Et pour finir, du racisme et de la xénophobie. Les fins de carrière sont toujours moins impressionnantes mais cela n’enlève rien à vos qualités Monsieur Bouveau. Vous devez êtes fier de vous, n’est-ce pas ?»

-« Euh..oui, si vous le dites. Enfin, je ne sais pas. J’ai agi en accord avec moi-même sans penser à l’après et aux conséquences. Je… »

-« Et justement, vous êtes dans l’après »

-« Oui mais je..jjje ne comprends pas bien ce qu’il va se passer maintenant »

 

Black_room

-« C’est normal Monsieur Bouveau, je ne vous en ai pas encore parlé. Mais vous semblez impatient de tout savoir alors je ne vais pas maintenir le suspense plus longtemps. Bienvenu en Enfer Monsieur Bouveau ! »

Contournant le bureau de façon quasi-invisible, le Diable saisit la main d’Ernest Bouveau et commença à la secouer dans des mouvements saccadés et sincères sans retenir les mots qui s’échappaient de sa bouche avec une fulgurance étourdissante et chantante.

« Votre éternité va se dérouler sous les auspices de la douleur, de la chaleur et des souffrances. Pour une personne comme vous, nous prévoyons plusieurs…comment dire…plusieurs attractions ! Bain de lave incandescente, arrachage des ongles et des yeux avec une pince, marquage au fer, élongation, empalement, flagellation…etc…etc…Vous découvrirez tout par vous même dans quelques minutes et… »

-« QUOI !! MAIS NON!! Vous m’avez dit que j’étais parfait, merveilleux…VOUS NE POUVEZ PAS ME FAIRE ÇA!! Je suis un hom.. »

_ « Et ça recommence… »

Retournant s’asseoir, le Diable commença à se masser les tempes avec ses doigts effilés et tortueux de femme rigide.

-«  Vous êtes tous les mêmes. Oui Monsieur Bouveau, vous êtes un être de qualité. Vous êtes violent, pleutre, minable. Vous êtes un voleur, un assassin, un violeur. Vous avez servi le mal toute votre vie sans jamais douter de la qualité de vos actions. Vous êtes arrogant, mesquin, déplorable. Vous n’avez jamais éprouvé de remords. Vous êtes odieux, méchant, détestable. Vous êtes parfait ! Vous m’avez rendu de grands services et maintenant, c’est à mon tour de vous rendre la pareille. Et puisque je suis le Diable et que je ne sais faire que le mal, il est totalement logique que mes remerciements prennent cette allure. Vous ne semblez pas bien Monsieur Bouveau. Vous comprenez ce que je suis en train de vous dire ? »

-« …jjj..j’ai du…du…du mal à…à…respi..respirer »

-«Ce n’est pas possible Monsieur Bouveau. Vous êtes mort. Vous ne respirez plus depuis quelques jours déjà et jusqu’à présent, ça ne semblait pas vous poser de problème »

Reprenant son massage des tempes, le visage du Diable se chagrina.

-«  Vous êtes comme les autres. Mais si vous vouliez une éternité de tempérance et d’amour, il fallait servir Dieu plutôt que moi…ou au moins, éprouver de la culpabilité… »

Puis relevant les yeux,

« Ne pleurez pas Monsieur Bouveau !! Vous êtes une ordure. Il est normal que je vous prenne sous mon aile ! »

-« Ooo…ooui mais jjj..je..je croyais qq..que… »

-« Arrêtez Monsieur Bouveau ! On vous a toujours prévenu. Mauvaises actions égal Enfer. Bonnes actions égal Paradis. On ne pouvait pas faire plus simple !! Vous croyez qu’elles servent à quoi toutes ces églises, mosquées, synagogues et autres ? A décorer la planète ? A croire que l’humanité n’est faite que d’imbéciles !! Vous savez Monsieur Bouveau, j’aime les gens bêtes parce que leur ignorance sert mon ministère mais dans mon bureau…DANS MON BUREAU…CALMEZ VOUS MONSIEUR BOUVEAU !!! Ce qui est fait est fait. Dites vous juste que vos cris et votre souffrance éternelle vont se répandre sur l’humanité et la contaminer pour le bien du mal. ARRÊTEZ DE PLEURER  MONSIEUR BOUVEAU!! Si vous continuez, votre traitement de faveur va disparaître et je vous assure que cela ne va pas vous plaire »

Ernest Bouveau retint ses larmes dans des hoquets ridicules. Morve et salive créaient un conglomérat de croutes humides sur son visage ravagé.

-« C’est bien Monsieur Bouveau. Maintenant vous allez suivre Belzébuth, il va vous accompagner aux thermes démoniaques »

Un homme d’une beauté indescriptible  fit son apparition dans un costume cintré noir. Sans aucun mot où sourire, il se saisit du bras d’Ernest Bouveau et le traina à ses côtés en direction d’une porte rouge. S’écroulant sur ses genoux, le vieil homme partit dans un discours hystérique et implorant.

-« Je regrette. Je suis désolé. Je n’aurai pas dû faire tout ça. S’il vous plait…..s’il vous plait….ne me faites pas de m… »

-« ARRÊTEZ MONSIEUR BOUVEAU !! Vous avez décidé de tout me faire ! Vous et moi savons que c’est faux. Vous ne regrettez rien. Il ne se passe rien dans votre cœur et dans votre âme et cela a toujours été le cas. Maintenant PARTEZ ! avant que je ne m’énerve vraiment »

Vaincu, Ernest Bouveau suivit le démon en pleurnichant et en se parlant à lui même. Il se stoppa net en entendant la voix du Diable derrière lui l’appeler. Un mince espoir brillait dans ses yeux.

-«  MONSIEUR BOUVEAU! Monsieur Bouveau ! J’allais oublier. Saluez votre mère de ma part !! »

 

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