Le grand écart swazi

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Le swaziland semble parfaitement maîtriser l’art du grand écart moralisateur sous couvert de pudeur et de bonne tenue. Dernier nouvelle en date, Siteki, une ville située dans l’est du pays, vient d’interdire à ses habitants de s’embrasser publiquement, toute infraction étant punie d’une amende de 120 emalangeni soit 9 euros. La décence est donc sollicitée face à l’envie tendre d’échanger une caresse buccale ou pire, d’exciter ses glandes salivaires par une rencontre orale irrépressible.

Cette loi d’ores et déjà appliquée, n’est que la petite sœur frêle et timide d’une autre obligation légale promulguée en 1889 et réactivée en décembre dernier qui interdit toutes tenues indécentes telles que les mini-jupes. La raison ? Les vêtements aux caractères visuellement tapageurs faciliteraient le viol selon les responsables du pays.

Mais que l’on se rassure, la traditionnelle « danse des roseaux » n’est pas prête d’être interdite, elle. Pourtant, cet événement réunit chaque année des dizaines de milliers de jeunes vierges simplement vêtues d’un pagne et dansant devant le roi swazi, Mswati III. Monarque absolu, ce dernier peut à l’occasion se choisir une nouvelle épouse qui, on l’espère, sera pudique et décente…

Régime de connexions

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À chaque année, son lot d’analyses et de statistiques. Celles de l’Insee mettent en lumière les dépenses des ménages pratiquées en 2012 et illustrent en filigrane l’absurdité d’un mode de consommation qui oscille entre modération imposée et prodigalité superflue.

Sans surprise on apprend que les Français réduisent leurs dépenses en matière de loisirs, de culture, de transport et de plaisirs papillaires. Ils piochent dans leur épargne afin de renflouer un porte-monnaie presque instantanément vidé pour faire face aux urgences du loyer, de l’énergie et de l’alimentation.

Pas de surprise donc si ce n’est face au secteur qui ne connaît pas la crise : la téléphonie mobile et ses ventes de smartphones qui ont bondi de +66,5% par rapport à l’année 2011.

Les Français semblent donc suivre un régime particulier où la viande et le poisson sont remplacés par des écrans tactiles et des sonneries hystériques. Un régime de connexions déconnectées pour une masse abrutissant sa faim et son savoir à coup de technologie à l’obsolescence programmée. La même qui semble aussi annihiler nos principes de réalité et de priorité.

Nues mais pas moulées

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Depuis une décision de Justice datant du 7 juillet 1992, les New-Yorkaises ont légalement le droit de déambuler seins nus en plein cœur de la Grosse Pomme. Le tout pour assurer l’égalité des hommes et des femmes face à une épreuve climatique visiblement ingérable sans une nudité quasi-totale : la chaleur.

La gent masculine n’est donc plus la seule à pouvoir lutter contre les assauts de la température en montrant ou démontrant son charisme thoracique et sa liberté d’être, même suintante. Malheureusement, n’en déplaisent aux extrémistes de l’égalité, ce pouvoir n’est appliqué que par une poignée de femmes sujettes à des penchants artistico-exhibitionnistes qui ont poussé un tribunal fédéral new-yorkais à rafraîchir la mémoire des policiers de la ville ayant encore étrangement le réflexe archaïque d’arrêter ces Amazones pour cause d’indécence.

Aussi quelques questions se posent : les tétons libérées apportent-ils un rafraîchissement vraiment nécessaire pour contrer les étourdissements et la lourdeur provoqués par de fortes chaleurs ? Ne font-ils pas au contraire monter la température déjà étouffante des pauvres badauds dont le regard peut s’accrocher à cette liberté charnelle ? Et surtout, cette mesure ne vient-elle pas contredire celle rendant illégal le port par les femmes de vêtements trop près du corps dans les rues de New-York ?

Peut-être pas…car qui dit « nue » ne dit pas « moulée ».

Rencontre métropolitaine

 Crédit photo : Janol Apin

Si le Japon, l’Inde, le Mexique ou encore le Koweit et l’Egypte ont mis en place des wagons uniquement réservés à leur population féminine pour éviter toute forme de pelotage et d’agression, la République Tchèque s’est engouffrée dans un créneau beaucoup plus léger. Celui des célibataires. En effet, Prague pourrait, d’ici la fin de l’année, doter son métro de compartiments exclusivement voués aux âmes esseulées. Ces wagons, où les œillades et autres abordages téméraires seraient favorisés, viendraient gratuitement concurrencer les sites de rencontre pour devenir une sorte de Meetic sur rail allié à un Cupidon souterrain. Mais que l’on ne s’y trompe pas, cette démarche n’est pas présentée comme la solution au triste taux de natalité tchèque, l’un des plus faibles du monde. Il s’agit plutôt là d’un coup marketing de la part de la régie municipale des transports de la capitale tchèque, Ropid, pour pousser les Pragois à privilégier les transports en communs à leur voiture. « Nous voulons montrer que les transports en commun ne sont pas qu’un moyen de déplacement, mais qu’on peut y faire des choses qu’on ne peut pas faire dans une voiture« , a déclaré Filip Drapal, le porte-parole de Ropid.

De quoi laisser songeur…

À chacun sa croix

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Lors de sa tentative de repentance médiatique orchestrée au micro de RTL, Jérôme Cahuzac a lâché une phrase qui en a troublé plus d’un par sa rhétorique élémentaire : « Si je suis répugnant, comment qualifie-t-on un violeur, un assassin d’enfants ? Comment qualifie-t-on Marc Dutroux ? »

Une mise en parallèle déconcertante qui a dérangé le principal intéressé, à savoir le susnommé Marc Dutrouc. Ce dernier a donc fait savoir par la voix de son avocat qu’il entendait « entreprendre toutes les démarches juridiques pour faire cesser de voir son nom associé à celui de Mr Cahuzac ».

Marc Dutrouc a vraisemblablement plus de difficulté à être comparé à l’emblématique fraudeur qu’à être qualifié de « répugnant ». Ironie ou absurdité ? Toujours est-il que l’hôpital semble sérieusement se foutre de la charité…si tant est que l’on puisse attacher le mot « charité » au nom de Jérôme Cahuzac.

Noé vs Mickey

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Que produit cette formule spéculative où sont associés des éléments aussi disparates que la religion, le business et le prosélytisme sous couvert d’un ludisme éducatif et d’une mise en scène grandiloquente ? Cela donne l’ouverture dans le Kentucky en 2014 d’un parc d’attraction créationniste sobrement appelé « Ark Encounter ». Mais cela donne aussi un moyen pour les créationnistes d’asseoir et d’instiller leur croyance douteuse dans l’esprit de naïfs venus faire les badauds dans un parc aux allures d’Eden. Le tout en faisant de Dieu le chaperon suprême de cette initiative mais aussi une marionnette fructueuse dont le silence a depuis longtemps été remplacé par les mots humains.

Au programme donc, une arche de Noé dressée comme un mausolée à un héros disparu, une tour Babel qui n’atteindra jamais le ciel, un village « pré-déluge » pour se souvenir du bon vieux temps ainsi qu’une une attraction sur le thème des plaies infligées par Dieu à l’Egypte pour ne pas oublier qui commande et quel est le prix à payer pour nos vices.

De quoi faire sautiller d’excitation les 46% d’Américains qui croient, selon un sondage de l’Institut Gallup, que « Dieu a créé les êtres humains d’un coup, sous leur forme actuelle, il y a plus ou moins 10.000 ans ». Et de quoi pousser les autres à prendre leurs entrées pour Disneyland, là où le business rime avec insouciance niaise ponctuelle, et non avec propagande fondamentaliste erronée.

Expulsés pour cause de beauté

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En Arabie Saoudite, la beauté, notion plus que subjective, semble se confronter à l’objectivité altérée d’une poignée de moralisateurs rétrogrades. Le tout avec pour conséquence l’expulsion de trois Dubaïotes de passage jugés trop beaux pour ne pas entraîner un mouvement libidineux et lubrique chez les femmes saoudiennes.
Autrement dit, ces dernières qui – rappelons-le – doivent avoir une autorisation écrite de l’homme de la famille pour sortir de chez elles ou trouver un emploi, qui ne peuvent pas contracter un prêt, louer un appartement, conduire une voiture ou acheter un billet d’avion, se seraient finalement rebeller pour offrir une danse des sept voiles érotique et révolutionnaire à ces hommes aux charmes irrésistibles. De quoi donner des sueurs froides au Comité pour la préservation de la vertu et la prévention du vice qui en vient à juger et condamner un hasard génétique sous couvert de la trop grande faiblesse hormonale et morale de sa gent féminine.

Question :  les femmes saoudiennes sont-elles héréditairement programmées pour ne pas savoir contenir leur pulsion et leur désir ou est-ce encore une fois les hommes saoudiens qui projettent et appliquent, comme pour mieux soumettre ces femmes, leur vision déformée de la féminité ?