Un si beau métier

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Poncif s’il en est, cet argent qui mène le monde trouve parfois une raison d’être pour casser les préjugés et faire ravaler aux ego démesurés leur supériorité monétaire. Le site américain Salary a réalisé en 2013 une étude heureusement intitulée « Combien vaut le travail d’une mère au foyer ? ». Plus de 6000 femmes ont alors détaillé les différentes tâches qu’elles accomplissaient et le temps qu’elles y consacraient.

Résultat : une mère au foyer américaine ferait pâlir par sa détermination domestique et son salaire n’importe quel banquier frileux de lui accorder un prêt. Avec en moyenne 94 heures de travail hebdomadaire, ces femmes pourraient prétendre à un revenu annuel de 83 006,85 euros, soit 6917 euros par mois. Car une mère au foyer est tour à tour cuisinière (payée 9,91 euros par heure), chauffeur de taxi (payée 9,94 euros par heure) ou encore psychologue (payée 27,79 euros par heure). Le tout sans aucune récompense financière et avec pas mal d’a priori dévalorisants à la clé.

Enfin, juste à titre de comparaison, pour un même nombre d’enfant, un père au foyer abattrait 55,7 heures hebdomadaire de travail domestique. Probablement parce qu’il est plus rapide diraient certains…

Le désamour de la grosse

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Lorsque un groupe certifié de machos décérébrés prend pour cible les femmes grosses, cela donne la « Fat Shaming Week » aux Etats-Unis. Ou autrement dit, une semaine de réjouissances où la virilité de bas étage écrase de sa bêtise la féminité charnue et exhale une odeur fleurant bon le gras, le lourd et l’adipeux.

À la tête de cette entreprise boursouflée de testostérone, les membres de Return of kings qui prônent des valeurs réactionnaires, la première étant que la femme est soumise à l’homme. Une femme servile qui ne gagne ses jalons de féminité qu’en étant jolie, bien proportionnée et féconde. Les autres sont pour ainsi dire des erreurs de la nature dont le tour de taille flageolant les condamne à la honte éternelle et à la mise au banc par une poignée d’abrutis dotés, n’en doutons pas, d’un physique impeccable.

Cette armée de Ken a donc lancé une chasse aux sorcières dénigrante en publiant sur leur site des articles aux noms évocateurs tels que «  5 raisons pour lesquelles les grosses n’ont pas le droit à l’amour » ou encore « 5 raisons d’humilier une sale grosse lors d’un rencard ». Article dans lequel on apprend que pour accabler une femme en surpoids qui, de toute évidence, ne se respecte pas elle-même et ne respecte personne en imposant à tous ses lignes volumineuses et rondes, il suffit de l’inviter à faire une balade en vélo pour qu’elle souffre ou la trainer dans des magasins pour qu’elle pleure lors des essayages.

Une campagne avilissante qui aurait dû – aurait pu – rester dans le cercle abrutissant qu’est Return of kings si les réseaux sociaux ne s’en étaient pas mêlés. Car quoi de plus facile que d’alimenter une bassesse en un clic à l’époque de la moquerie généralisée. Une façon de se rassurer sur son propre état en humiliant les autres pour leur faiblesse et leur différence. Ou mieux pour promouvoir une cause aussi détraquée que celle de Return of Kings. Ainsi, les pro-ana américaines se sont emparées de la Fat Shaming Week et ont vomi leurs conseils pour avoir des clavicules saillantes et leur haine envers les femmes grosses.

Reste un petit espoir. Celui de cette roue qui tourne inlassablement et se charge de donner à tous le produit des actions passées. Dans un pays où 68 % des personnes sont en surpoids voire obèses et où 70 % des individus sont touchés par la calvitie, difficile de croire que tous les membres de Return of kings passeront à travers…et à ce moment, espérons qu’ils croisent la route d’une grosse revancharde qui n’a pas perdu son souffle après une balade en vélo…

L’art par le sang

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Le savoir-faire est-il devenu une notion désuète lorsque l’on entre dans les sinuosités de l’Art ? On connaissait Piero Manzoni et ses « Merda d’Artista » soigneusement enfermées dans des boites de conserve, mélange fleuri de ready-made et d’Arte Povera. On avait goûté aux multiples polémiques entourant le Piss Christ, sorte d’œuvre urino-religieuse sur fond de critique des richesses engrangées par le dogme chrétien. Aujourd’hui semble se dessiner une nouvelle technique entièrement basée sur un autre rebut du corps humain. Après la merde et la pisse, bienvenue au sang menstruel ! Au menu donc, des muqueuses gorgées de fer étalées sur les lèvres ou bien utilisées comme peinture dans la réalisation de tableaux dénués de forme mais maitrisant parfaitement la polémique du fond.

Que l’on ne s’y trompe pas, traiter de la menstruation dans les différentes formes de l’Art n’est pas inappropriée tant le sujet est intrinsèquement lié à la féminité et à une forme d’animalité. S’en servir matériellement comme un miroir aux alouettes pour que les regards se posent sur des travaux utilisant la répulsion attractive rend la démarche faiblarde et la compréhension de cette routine mensuelle bouleversante, inexistante. C’est comme mettre en lumière un petit bout risible d’un grand ensemble complexe. Impossible alors d’avoir un tout intelligible.

L’évolution par la touche

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Les narines gonflées de poussière crayeuse, les yeux piquant, on arrondissait notre dos pour plonger notre regard sur le résultat maladroit de l’effort manuel que nous étions en train de fournir. Nous apprenions à écrire. À sentir les lettres glisser le long de notre bras pour éclore fébrilement au bout de nos doigts. De l’effort presque oublié, pouvait naître le plaisir de l’écriture. Tracer des phrases, arrondir les voyelles, ériger des consonnes, les mots avaient une vie musculaire avant de se figer sur le blanc quadrillé de nos cahiers scolaires.

Pourtant, l’apprentissage de l’écriture et le plaisir du stylo qui glisse en même temps que la tête et la main s’accouplent, semble devenir pour beaucoup une pratique d’un autre temps maintenant que les claviers nous servent d’encre.

Aux Etats-Unis, quarante-cinq Etats sur cinquante ont décidé que l’écriture cursive était dépassée et qu’il était superflu de l’apprendre aux enfants. Mais que l’on se rassure, ils apprendront à écrire en script – à savoir sans lien entre les lettres – et surtout, ils maîtriseront dès le plus jeune âge la pratique d’un ordinateur. Une façon d’éliminer toutes les difficultés pour se concentrer sur les stylos du XXIème siècle : les tablettes et autres ordinateurs.

Et si les Etats-Unis semblent avancer vers des cieux informatiques, l’Inde ou encore la Chine commencent à mettre en place les soins de premier secours. En effet, en Inde où on n’enseigne plus l’écriture à l’école, de nombreux centres ouvrent pour réapprendre aux adultes cette maîtrise ancestrale. Pareil en Chine où des lobbys veulent renforcer l’enseignement des idéogrammes. Alors, tout ne semble pas perdu…

Sextape : USA vs RPDC

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Ennemis devant l’éternel, les Etats-Unis et la Corée du Nord manifestent par des détails leur incompatibilité d’humeur et de mœurs. Lorsque du côté du continent américain une sextape « malencontreusement » mise à jour pose les palmes de la gloire sur les fessiers de Paris Hilton, Kim Kardashian et autres consœurs, la même découverte fusille une célébrité déjà établie de la RPDC. Hyon Song-Wol ainsi que sont époux et 10 autres personnes accusées d’avoir tourné et commercialisé une vidéo allant à l’encontre des lois anti-pornographie nord-coréennes ont donc tout simplement été exécutés. Pas de téléréalité, de produits dérivés et de couvertures de magazines kleenex pour eux. Simplement un exemple dictatorial contre de potentiels dissidents qui pousse le vice jusqu’à envoyer dans des camps les familles des condamnés selon un principe de culpabilité par association. Un principe qui étrangement semble plus plausible aux Etats-Unis, dans les familles de ces vedettes désœuvrées, qui se gargarisent et affichent leur lifting réjouis face aux prouesses cinématographiques et gymnastiques de leur progéniture sans laisser transparaître une once de gêne ou de désaccord.
Et si un même acte provoque dans ces contrées diamétralement opposées un résultat clairement différent, les conséquences de ces tournures d’esprits ont point commun : leur extrémisme moral.

Les cris des Zimbabwéennes

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Les Zimbabwéens sont-ils scientologues ? Non, simplement corruptibles. À l’instar de la secte américaine qui prône les accouchements dans le silence, un hôpital de ce pays d’Afrique australe presse les femmes à contenir leurs cris durant la délivrance douloureuse. Le tout, en ayant mis en place une amende de 5 dollars pour chaque hurlement poussé. De quoi les délester, non pas de leur souffrance utérine, mais d’un revenu vital dans un pays où le sous-emploi touche 95% de la population et où le salaire moyen est de 150 dollars.

Justifiant cette mesure par le fait que des cris peuvent déclencher de fausses alertes, l’hôpital pousse le vice en retenant contre leur gré les patientes ne pouvant pas régler leur solde. Ainsi, beaucoup de zimbabwéennes de la région décident d’accoucher chez elles où leurs cris ne gonfleront pas une note injustifiable mais ne remplaceront malheureusement pas une assistance médicale parfois nécessaire lors de l’enfantement.

Actuellement au Zimbabwe, huit femmes meurent chaque jour en donnant naissance à leur enfant.

« Je suis une bombe »

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Provocation ou simple bêtise humaine, le tee-shirt porté par Jihad, 3 ans, n’en finit pas de faire des remous délétères sous couvert de lutte anti-terroriste. Affichant ostensiblement « Je suis une bombe » et « Jihad, né le 11 septembre », ce vêtement taille enfant ne peut pas laisser indifférent tant les ramifications géo-politico-grammatico-religieuses s’emballent dans nos synapses avant d’éclater dans notre cerveau estomaqué. Pourtant, un tour d’horizon des personnes incriminées dans cette histoire et un peu de bon sens, celui-là même qui semble avoir manqué au designer du tee-shirt – l’oncle de l’enfant – et au styliste de Jihad – sa mère – nous laissent rapidement penser que l’énormité grossière de l’acte n’a d’équivalent que la bêtise profonde des protagonistes.

Toujours est-il que la mère et l’oncle de l’enfant sont poursuivis pour « apologie de crime » et ce, même s’ils se sont excusés et ont fait part de leur naïveté déconcertante avant que la machine judiciaire ne s’emballe. Mais vraisemblablement, ces excuses n’ont pas suffit. Alerté par l’école maternelle de Sorgues où a été faite la découverte du tee-shirt, le maire UMP de la ville, Thierry Lagneau a décidé de saisir immédiatement le procureur de la République d’Avignon et de se constituer partie civile.

Une démarche qui pose la question de l’intérêt politique. A un an des élections municipales, Thierry Lagneau doit faire face à un Front National extrêmement présent dans une ville qui a fait le plus gros score FN de tout le Vaucluse. De plus, l’une des nouvelles figures emblématiques du parti d’extrême droite, Marion Maréchal Le Pen, a annoncé en mars dernier être colistière dans la circonscription de Carpentras, Bédarrides ou Sorgues. Pas surprenant alors que le Maire actuel de la ville joue la carte de l’intransigeance et de l’insensibilité pour donner un exemple flatteur à un électorat qui n’est pas censé être le sien mais qui, pourtant, est en train de le devenir.

Pendant ce temps là, l’oncle et la mère de Jihad risquent d’écoper respectivement d’une amende de 3000 et 1000 euros. Mieux qu’en première instance où ils encouraient cinq ans de prison et une amende de 45.000 euros. La prochaine fois, Jihad devra se contenter de porter un tee-shirt « F*** me, I am famous ».

Le sein nourricier

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Allaitement ou biberons ? Les Vénézuéliennes pourraient ne plus avoir le choix. En effet, la députée socialiste Odalys Mozon a déposé un amendement pour interdire l’utilisation des biberons et du lait en poudre destinés aux nouveau-nés. Officiellement cette mesure aux relents désagréablement liberticides, vient conforter et renforcer les liens entre l’enfant et sa mère. Ainsi la chef de fil de ce rétropédalage féministe explique que « le plus important, c’est l’amour, la connexion entre la mère et l’enfant, qui est parfois perdue, car elles ne leur donnent pas la chaleur transmise par l’allaitement ».

Mais que l’on ne s’y trompe pas, ce dégoulinement autoritaire de bons sentiments a germé sous l’auspice d’une réalité tristement économique. Car cette initiative prend racine dans la volonté de protéger la souveraineté alimentaire du pays et de diminuer les importations – visiblement trop coûteuses – de lait en poudre.

Et pour tout contrevenant comme les centres de santé, les hôpitaux ou les médecins osant laisser le choix aux femmes et proposant du lait maternel pour les enfants de moins de six mois, Odalys Mozon ne fait pas dans la douceur et la délicatesse qu’elle prône par ailleurs quand il s’agit de décrire la relation tétée entre mère et nourrisson. Une amende de 50.000 dollars et une interdiction d’exercer de quatre mois viennent ainsi museler tout praticien suggérant l’utilisation de mamelles artificielles.

Bien sûr, dans sa grande mansuétude, la députée a fait deux exceptions à cette contrainte laitière : si la mère est décédée ou si sa santé l’empêche d’allaiter. Pour les autres, la volonté, le choix, le désir, les préférences, les convictions, le caractère seront peut-être à proscrire lorsqu’il s’agira d’établir une relation nourricière avec son enfant.

Femmes crocodiles

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On connaissait les préservatifs colorés, parfumés, texturés ou phosphorescents. On pouvait en tester des renforcés, des nervurés et même des vibrants. Les goûts, formes et tailles semblaient avoir toutes été exploitées avec comme seuls objectifs de protéger et amuser les amants dans leurs débats chorégraphiés.

C’était sans compter sur la doctoresse sud-africaine Sonnet Ehlers qui a poussé la notion de protection à son paroxysme en créant un préservatif anti-viol. Doté de dents acérées, l’objet reste accroché à la virilité douloureuse du visiteur qui n’aurait pas été convié. Mieux, il se resserre cruellement sur la chair en souffrance du violeur. Seule solution pour lui, aller chercher de l’aide chez un médecin qui ne manquera pas – a priori – de contacter la police.

Dans un pays qui connaît l’un des plus fort taux de viols par an, l’idée suscite de l’intérêt. Néanmoins, on peut se demander si les violeurs, qui bien qu’étant une espèce dotée d’une faible capacité réflexive et empathique, ne vont pas déjouer la parade en introduisant un objet « Cheval de Troyes » pour vérifier l’amicalité de la cavité ou tout simplement se concentrer sur une autre niche afin de la pénétrer de force.

Mieux, il est difficile d’imaginer des femmes délaisser bombe lacrymo et autres techniques défensives pour s’introduire quotidiennement et en prévention ce préservatif mordant. Difficile aussi d’imaginer que ces dents vaginales puissent devenir la touche finale à toute bonne sortie nocturne ou balade diurne.

Finalement, ne serait-il pas mieux d’éduquer les hommes à contenir leur pulsion plutôt que de faire de ces femmes des crocodiles qui n’en restent pas moins des victimes?

« Vrai porc pour la paix »

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Comment prévenir les attaques terroristes fomentées par des extrémistes islamistes ?

Cette question aux ramifications anxiogènes et à la toile de fond complexe semble pourtant avoir trouvé une solution simple grâce à l’entreprise américaine South Fork Industries. Cette dernière a en effet décidé de commercialiser des munitions enduites d’une peinture à base de porc. Car qui dit extrémistes islamistes, dit musulmans. Et qui dit musulmans, dit peur panique de tout ce qui touche de près ou de loin au porc.

Forte de ces raccourcis intellectuels mêlant bêtise et coup marketing, la société basée en Idaho estime que ces munitions appelées Jihawg Ammo seraient dissuasives car elles empêcheraient les terroristes touchés par le porc d’aller au paradis. Et d’ajouter dans un communiqué « Cela devrait faire réfléchir les martyrs avant qu’ils lancent une attaque ». On imagine la scène.

Malheureusement pour l’entreprise, l’ignorance – qui semble être une tare extrêmement répandue au sein de son équipe – l’a poussée un peu trop loin dans ses certitudes. Shannon Dunn, professeur adjoint de sciences religieuses à l’université Gonzaga explique au Washington Post, qui a sorti cette nouvelle, que l’initiative de South Fork Industries est basée sur une mauvaise compréhension du Coran. « Les musulmans ne sont pas privés de paradis pour avoir mangé ou avoir été touchés par du porc s’ils ne l’ont pas voulu. Des exégètes suggèrent que les musulmans devraient manger du porc plutôt que de mourir de faim s’ils étaient confrontés à cette initiative » affirme ainsi le professeur.

De quoi mettre à mal l’image de ce produit qui arbore pourtant fièrement sur ses emballages des slogans oscillant entre stupidité profonde et humour incontrôlé tels que «  Dissuasion paisible et naturelle de l’islam radical », « Bottez-leur les fesses avec un peu de bacon » ou « Vrai porc pour la paix ». La magie du marketing nous offre ici une sorte de cerise sur un gâteau de nullité. A déguster sans modération mais avec un peu citrate de bétaïne pour la digestion…