Noé vs Mickey

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Que produit cette formule spéculative où sont associés des éléments aussi disparates que la religion, le business et le prosélytisme sous couvert d’un ludisme éducatif et d’une mise en scène grandiloquente ? Cela donne l’ouverture dans le Kentucky en 2014 d’un parc d’attraction créationniste sobrement appelé « Ark Encounter ». Mais cela donne aussi un moyen pour les créationnistes d’asseoir et d’instiller leur croyance douteuse dans l’esprit de naïfs venus faire les badauds dans un parc aux allures d’Eden. Le tout en faisant de Dieu le chaperon suprême de cette initiative mais aussi une marionnette fructueuse dont le silence a depuis longtemps été remplacé par les mots humains.

Au programme donc, une arche de Noé dressée comme un mausolée à un héros disparu, une tour Babel qui n’atteindra jamais le ciel, un village « pré-déluge » pour se souvenir du bon vieux temps ainsi qu’une une attraction sur le thème des plaies infligées par Dieu à l’Egypte pour ne pas oublier qui commande et quel est le prix à payer pour nos vices.

De quoi faire sautiller d’excitation les 46% d’Américains qui croient, selon un sondage de l’Institut Gallup, que « Dieu a créé les êtres humains d’un coup, sous leur forme actuelle, il y a plus ou moins 10.000 ans ». Et de quoi pousser les autres à prendre leurs entrées pour Disneyland, là où le business rime avec insouciance niaise ponctuelle, et non avec propagande fondamentaliste erronée.

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