L’évolution par la touche

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Les narines gonflées de poussière crayeuse, les yeux piquant, on arrondissait notre dos pour plonger notre regard sur le résultat maladroit de l’effort manuel que nous étions en train de fournir. Nous apprenions à écrire. À sentir les lettres glisser le long de notre bras pour éclore fébrilement au bout de nos doigts. De l’effort presque oublié, pouvait naître le plaisir de l’écriture. Tracer des phrases, arrondir les voyelles, ériger des consonnes, les mots avaient une vie musculaire avant de se figer sur le blanc quadrillé de nos cahiers scolaires.

Pourtant, l’apprentissage de l’écriture et le plaisir du stylo qui glisse en même temps que la tête et la main s’accouplent, semble devenir pour beaucoup une pratique d’un autre temps maintenant que les claviers nous servent d’encre.

Aux Etats-Unis, quarante-cinq Etats sur cinquante ont décidé que l’écriture cursive était dépassée et qu’il était superflu de l’apprendre aux enfants. Mais que l’on se rassure, ils apprendront à écrire en script – à savoir sans lien entre les lettres – et surtout, ils maîtriseront dès le plus jeune âge la pratique d’un ordinateur. Une façon d’éliminer toutes les difficultés pour se concentrer sur les stylos du XXIème siècle : les tablettes et autres ordinateurs.

Et si les Etats-Unis semblent avancer vers des cieux informatiques, l’Inde ou encore la Chine commencent à mettre en place les soins de premier secours. En effet, en Inde où on n’enseigne plus l’écriture à l’école, de nombreux centres ouvrent pour réapprendre aux adultes cette maîtrise ancestrale. Pareil en Chine où des lobbys veulent renforcer l’enseignement des idéogrammes. Alors, tout ne semble pas perdu…

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