Le sein nourricier

JeanFouquetMadonnaSerafinesandCherubines

Allaitement ou biberons ? Les Vénézuéliennes pourraient ne plus avoir le choix. En effet, la députée socialiste Odalys Mozon a déposé un amendement pour interdire l’utilisation des biberons et du lait en poudre destinés aux nouveau-nés. Officiellement cette mesure aux relents désagréablement liberticides, vient conforter et renforcer les liens entre l’enfant et sa mère. Ainsi la chef de fil de ce rétropédalage féministe explique que « le plus important, c’est l’amour, la connexion entre la mère et l’enfant, qui est parfois perdue, car elles ne leur donnent pas la chaleur transmise par l’allaitement ».

Mais que l’on ne s’y trompe pas, ce dégoulinement autoritaire de bons sentiments a germé sous l’auspice d’une réalité tristement économique. Car cette initiative prend racine dans la volonté de protéger la souveraineté alimentaire du pays et de diminuer les importations – visiblement trop coûteuses – de lait en poudre.

Et pour tout contrevenant comme les centres de santé, les hôpitaux ou les médecins osant laisser le choix aux femmes et proposant du lait maternel pour les enfants de moins de six mois, Odalys Mozon ne fait pas dans la douceur et la délicatesse qu’elle prône par ailleurs quand il s’agit de décrire la relation tétée entre mère et nourrisson. Une amende de 50.000 dollars et une interdiction d’exercer de quatre mois viennent ainsi museler tout praticien suggérant l’utilisation de mamelles artificielles.

Bien sûr, dans sa grande mansuétude, la députée a fait deux exceptions à cette contrainte laitière : si la mère est décédée ou si sa santé l’empêche d’allaiter. Pour les autres, la volonté, le choix, le désir, les préférences, les convictions, le caractère seront peut-être à proscrire lorsqu’il s’agira d’établir une relation nourricière avec son enfant.

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