« Je suis une bombe »

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Provocation ou simple bêtise humaine, le tee-shirt porté par Jihad, 3 ans, n’en finit pas de faire des remous délétères sous couvert de lutte anti-terroriste. Affichant ostensiblement « Je suis une bombe » et « Jihad, né le 11 septembre », ce vêtement taille enfant ne peut pas laisser indifférent tant les ramifications géo-politico-grammatico-religieuses s’emballent dans nos synapses avant d’éclater dans notre cerveau estomaqué. Pourtant, un tour d’horizon des personnes incriminées dans cette histoire et un peu de bon sens, celui-là même qui semble avoir manqué au designer du tee-shirt – l’oncle de l’enfant – et au styliste de Jihad – sa mère – nous laissent rapidement penser que l’énormité grossière de l’acte n’a d’équivalent que la bêtise profonde des protagonistes.

Toujours est-il que la mère et l’oncle de l’enfant sont poursuivis pour « apologie de crime » et ce, même s’ils se sont excusés et ont fait part de leur naïveté déconcertante avant que la machine judiciaire ne s’emballe. Mais vraisemblablement, ces excuses n’ont pas suffit. Alerté par l’école maternelle de Sorgues où a été faite la découverte du tee-shirt, le maire UMP de la ville, Thierry Lagneau a décidé de saisir immédiatement le procureur de la République d’Avignon et de se constituer partie civile.

Une démarche qui pose la question de l’intérêt politique. A un an des élections municipales, Thierry Lagneau doit faire face à un Front National extrêmement présent dans une ville qui a fait le plus gros score FN de tout le Vaucluse. De plus, l’une des nouvelles figures emblématiques du parti d’extrême droite, Marion Maréchal Le Pen, a annoncé en mars dernier être colistière dans la circonscription de Carpentras, Bédarrides ou Sorgues. Pas surprenant alors que le Maire actuel de la ville joue la carte de l’intransigeance et de l’insensibilité pour donner un exemple flatteur à un électorat qui n’est pas censé être le sien mais qui, pourtant, est en train de le devenir.

Pendant ce temps là, l’oncle et la mère de Jihad risquent d’écoper respectivement d’une amende de 3000 et 1000 euros. Mieux qu’en première instance où ils encouraient cinq ans de prison et une amende de 45.000 euros. La prochaine fois, Jihad devra se contenter de porter un tee-shirt « F*** me, I am famous ».

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