17/08

Je veux le rien. Le néant. Je veux le vide qui entraîne les jambes et coupe la tête.
Je veux oublier la chute avant l’impact. N’avoir que le noir.
Je veux détendre les muscles et l’esprit. Être une page blanche sur laquelle personne ne s’est rué. Un éblouissement que l’on ne peut pas saccager.
Je veux perdre les émotions. Ne plus ressentir. M’extraire, oublier.

Être oubliée.

Je veux ne laisser aucun sillon, aucune peine. N’ébranler aucune âme qui elle aussi voudrait s’effacer.
Je ne veux plus m’attendre à ce que cela arrive. Ni espérer, ni croire. Je veux couper cette boucle inlassable dans laquelle je me perds. Pour qu’il n’y ait plus rien. Juste l’abandon, l’abîme, l’immensité.

Parce que je suis tout, boule d’épiderme et d’absolu. Que mes sens s’emballent et me provoquent. Comme s’il n’y avait aucune leçon à tirer. Comme si la candeur ne s’émoussait jamais.
Parce que le corps se réveille quand je me relâche. Qu’il aime cet impératif de vie. Ces soubresauts souverains dans lesquels ma conscience d’être se dérobe. Cet essentiel archaïque qui s’échappe si vite.
Parce qu’encore une fois, j’ai aimé.

Encore une fois.

Avec la naïveté d’une vierge impudique. L’insouciance d’une monture qui ne connaît pas la destination.
J’ai appris l’autre malgré mes peurs. Délester l’histoire pour le conte. Pour une fois, il était une fois, ça pouvait arriver.
Mais je n’ai pas le beau rôle. Je suis le bouleversement qui s’accroche. Le désordre imprévu. Le saisissement dont on ne sait quoi faire.

Que faire de l’inconstance ?

Alors le rien. Le néant. Le vide.

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